jeu 5 mai 2005
Act1 - Cuba
05 05 2005Voila un mois pile que je suis parti de France, il est enfin temps de vous donner des nouvelles !
Paris-Londres, Londres-Madrid, Madrid-La Havane… Que de detours pour se poser sur les terres de "Buena Vista Social Club" ! Après une heure de queue avec 40 degres de fièvre, j'arrive enfin devant une douanière en tenue militaire. Ici, rien à envier à l' ennemi imperialiste voisin, on me pose les mêmes questions qu'à JFK et j'ai même le droit à une fouille complète de mon sac-à-dos…
Ouf! ils n’ont pas trouvé mon etch bath…
Pas le temps de découvrir le pays, juste quelques visions furtives de La Havane dans le Taxi qui me mène chez David (mon hôte).
Je me couche bien vite, esperant que les 2 aspirines que je viens d’avaler viendront à bout de ma fièvre.
La fièvre est toujours là mais qu'importe, de toutes façons dehors il fait aussi chaud qu'à l'interieur de mon corps…
Immersion dans La Havane delabrée, delavée par le manque de moyens du gouvernement. Car ici pas de proprieté privée, chaque habitation est offèrte par l'état. Bien sûr acculé par l' embargo et donc par un manque de finances ce dernier n' arrive plus à suivre et bien souvent plusieurs generations s'entassent sous le même toit, expliquant selon les cubains le pourquoi de leur première place au hit-parade du taux de divorce mondial. Je pencherai plus sur le coté macho du male cubain, ne pouvant s'empecher de draguer chaque fille qui passe en la sifflant et l'interpellant d'un "Hola chica !" ( equivalent du "psfuiiiit, mamoiselle" chez nous).
Enfin bref, j'ai l'impression d'être dans un ghetto sous soleil. Les gamins trainent dans la rue, la plupart jouent au baseball avec les moyens du coin : bouts de bois et barres de fer remplacent les battes; apparement pour les momes comme pour les adultes ici c'est l'application du systeme D. Et on applique celui-ci pour reparer sa voiture (est-ce pour celà qu'il y a temps d'epaves dans la rue ?), pour se procurer de la nourriture ou encore de l'essence.
50% de la population est au chomage, gagnant de toutes facons à peu près autant qu'un travailleur, c'est-à-dire 13$ par mois…. Celà n'entame en rien le moral des Havannais, qui donnent l'impression d'être toujours de bonne humeur. Toutes les 2 minutes je suis interpellé avec un grand sourire, chacun ici baragouinant quelques mots de français et tous ont des amis à Toulouse ou à Bordeaux (ne me demandez pas pourquoi ils ont choisi ces 2 villes là).
Quelques mots echangés dans l'espoir d'obtenir quelques pesos.
Seules exceptions à la règle, un ado, fier de me montrer son tatouage Lacoste, "parce que c'est cher", à faire palir d'envie tout porteur de jogging jaune canari… et Roberto, exterminateur de moustiques pour l'industrie touristique, heureux de pouvoir me montrer sa ville et de parler avec un français pour son plaisir. Malheureusement à ce moment là, je n’avais aucun pesos convertible en poche pour lui payer un verre.
En effet ici a cours 2 monnaies : le pesos du "pauvre" (celui du peuple) et le pesos convertible, créé afin de ne plus être dependant du dollar. Le taux de ce dernier n'est naturellement pas fixe à la bourse mais par notre ami économiste Fidel… ce qui nous donne un pesos s'echangeant à 0.90 euro !!
A ce tarif j'entamme mon budget à vive allure… Chaque repas "potable" me revient 8 à 11 pesos (merci aux marchands de mini pizzas au fromage si infecte mais au rapport nutritionnel/prix imbatable, d'avoir sauvé mon compte en banque). Je dois donc envisager d'ecourter mon séjour de 14 à 9 jours. J'irai tout de même jusqu'à Trinidad par l' Autopista, admirant par la même occasion la beaute des vieilles americaines qui sillonent l'ile de long en large. Trinidad ville coloniale aux couleurs rouge, ocre et moutarde, sa place de la musique ou il fair bon le soir regarder des danses traditionelles au son de la musique afro-cubaine, ce qui me change de celle, certe bien jouée mais dont les airs sont identiques dans chaque bar de la ville. Avant de partir je passe a Vinales me delectant le long du chemin des nombreux panneaux (superbement realisés) de propagande.
Représentation contemporaine des heros de la révolution : des visages comme celui du 'Che ou encore du precurseur Jose Marti, messages anti americains.
Vinales, village des "montagnes", bordé de cenottes, où les cochons vivent en liberté dans la rue. Je n'oublierai pas l'hospitalité de Yiya (ni sa cuisine si excellente…) ainsi que son mari qui m'a preparé les meilleurs moritos que j'ai bu à Cuba, cueillant la menthe directement de son jardin. C'est avec un pincement au coeur que je dois quitter Cuba, mon sentiment initial d'être un touriste "vache à lait" s'étant transformé en une tristesse à partir de cette ile aux couleurs si differentes et son peuple accueuillant, où la couleur de la peau ne fait aucune difference. Blacks, blancs et mettisses s'entendant à merveille, ce qui fait chaud au coeur. Je pars en ne sachant pas quoi penser de la politique socialo-communiste de Fidel d'un coté on a un combat pour l'égalite des sexes, ou les services medicaux sont gratuits et les meilleurs de toute l'amerique latine, ou l'éducation et le logement ainsi qu’un peu de nourriture sont données à tout le monde. Belle vision des choses mais alors pourquoi diriger son pays policier d’une main de fer, emprisonnant, torturant ou executant tout opposant à son regime ? Comme l'a si bien dit Maria, chauffeur de taxi, se laissant aller sachant qu' aucun de ses compatriotes ne l'entendait et donc ne pouvait la denoncer : "Fidel est loco".
Ne rejettons pas non plus la faute sur un seul homme, Kennedy, Clinton ou Bush Jr. (ce dernier a voulu, après le 9/11, inclure Cuba dans la liste des pays terroristes ennemis des USA…) sont autant responsables de la pauvreté et de l'oppression du peuple Cubain… Je ne te dis pas 'adieu' Cuba mais au revoir, je reviendrai t'admirer et m'imisser au sein de ton peuple acceuillant lorsque mon buget me permettra de mieux t'apprecier !
Allez je vous laisse, il est temps pour moi d'embarquer et de serrer les fesses dans mon coucou d' aerocaraibe. Direction le Mexique… Pablo fair chauffer les tacos !!


